« En janvier 1778, le Congrès des Etats-Unis confie à Lafayette le commandement de l’armée du Nord qu’il doit rejoindre à Albany (État de New-York) pour conquérir le Canada... Lafayette se met donc en marche mais, parvenu à destination, au lieu des 30 000 hommes qui lui étaient promis, il en trouve moins d’un millier dépourvus des armes et des vivres nécessaires. Des opposants à Washington avaient monté l’opération dans le seul but de se débarrasser de lui. Malgré sa déception, le général prend l’intiative de rallier des tribus indiennes : le combattant se fait plus diplomate pour gagner à sa cause les Hurons et les Iroquois, arrêter leurs incursions sur les frontières et leurs exactions barbares... Après les danses, l’échange des cadeaux et les repas, les cérémonies se terminent par un traité de paix entre les Indiens et les Américains... »
René Belin, La Fayette, La passion de la liberté, Rivages communication, avril 2012, pp. 52-53.
De retour de sa marche sur Albany, où il sut inaugurer une politique de coopération et d’assimilation, Lafayette rejoint Valley-Forge. Il y reçoit la nouvelle qu’il n’attendait plus.
Louis XVI, se dispose enfin à offrir son assistance aux États-Unis. Le coup de théâtre de la victoire de Saratoga, survenu après de nombreuses défaites, a enfin levé les scrupules du Roi envers l’Angleterre.
Le 6 février 1778, à Paris, Benjamin Franklin a signé avec Vergennes (ministre des affaires étrangères de Louis XVI) un « traité d’alliance éventuelle et défensive » ainsi qu’un « traité d’amitié et de commerce franco-américain », suivis par l’arrivée de la flotte du comte d’Estaing à l’entrée de Delaware.
A daté de ce jour l’Amérique se bat avec la France contre un adversaire commun : l’Angleterre.
Mémoires historiques des campagnes
de M. le marquis de Lafayette en Amérique septentrionale, Manuscrit relié, rapportant les faits d'armes de Lafayette en 1777-1781 et comportant en page de garde un portrait gravé d'après un dessin de L.S. Boizot.
Mai-juin 1778. Parti du camp de Valley-Forge où se trouve le quartier général, Lafayette, obéit à l’ordre reçu de couper les communications avec Philadelphie et de surveiller les mouvements de l’ennemi, qui s’avance jusqu’à Barren-Hill. Encerclé par les Anglais il opère une retraite habile avant de les vaincre à Baren-Hill et à Monmouth à la tête de l’armée des virginiens. Les anglais évacuent alors Philadelphie qu’ils occupaient depuis la bataille de Brandywine.
En août 1778, Lafayette se rend à bord du « Languedoc » pour préparer avec le comte d’Estaing, dont la flotte a rejoint l’entrée de la Delaware, les premières tentatives de coopération entre les forces françaises et américaines qui auraient dû aboutir à la prise de Rhode Island. En proie au mécontentement des américains face aux échecs répétés de ce début d’alliance, Lafayette déploie son habilité à calmer les esprits et apaiser les passions.
1778 est aussi l’année où, Henriette, fille aînée de Lafayette, meurt à l’âge de vingt-deux mois en l’absence de son père.
Mû par un certaine lassitude et surtout le désir de revoir sa famille, Lafayette sollicite et obtient du Congrès le 21 octobre l’autorisation de retourner en France. Une lettre de recommandation chaleureuse est adressée à Louis XVI par le président Laurens et le général en chef Washington loue le zèle et l’ardeur du jeune général dans un courrier à Franklin.